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Au pignon du jour

Au pignon du jour

------------ Quand ils disent vraiment n'importe quoi ! ------------ Humour, coups de coeur, coups de gueule et mauvais esprit


Monsieur le Commissaire, je vous fais une lettre...

Publié par Sannicolao sur 9 Mai 2013, 15:25pm

Photo : Un de ces grands journaux français comme seul l'esprit de Paris a su en faire naître, on appréciera le graphisme d'avant-garde et la pertinence du propos !

Sur le site internet de l'hebdomadaire le Point (auquel j'étais encore abonné il y a peu) un étonnant article, signé Lewino et Dos Santos, m'a interpellé.

Sous la rubrique "C'est arrivé aujourd'hui" , il est titré :

"8 mai 1769. La défaite de Paoli à Ponte Novu livre la Corse à la France. Le début des emmerdes..."

Voulant rester dans le même registre, à la fois rigoureusement historique et absolument humoristique, je me suis souvenu avoir retrouvé deux vieilles lettres abandonnées dans le grenier par d'anciens locataires, M. et Mme Martin-Dupont, un couple de Parisiens partis finir leur vie et jouir d'une retraite bien méritée, après des années d'efforts (comme on pourra en juger), du côté de Zurich me semble-t-il.

Voici l'essentiel de ces courriers, je vous passe les (très) nombreuses formules de politesse.

"Paris, le 13 juillet 1942

Monsieur le Commissaire, je vous fais une lettre aujourd'hui, parce que demain c'est jour de Fête Nationale et vous serez sans doute trop occupé pour la lire (...) Notre propos sera bref, nous voulions simplement vous informer que notre voisin, un homme fort respectable au demeurant, a eu le tort de s'absenter depuis plus de deux ans (...) parti rejoindre des parents à lui dans le Vercors ou en Corse, je ne sais plus très bien.

A cela rien à dire (...), mais il a profité de sa longue absence pour prêter les clefs de ses chambres de bonne (il en possède trois) et de sa grande cave à d'autres cousins. Des gens tout à fait charmants, très bruns, visiblement modestes, si j'en juge par leurs vêtements défraîchis, et profondément timides. On ne les croise jamais dans l'immeuble (vous avez notre adresse), au point que pour les apercevoir ou les entendre, il faut être particulièrement attentif.

C'est au nom de cette attention que nous leur portons depuis leur arrivée (je vous l'assure) que nous vous écrivons pour vous alerter sur la situation de grande précarité et de dénuement (...) dans laquelle ils semblent se trouver. Leur cheminée n'a pas fumé de tout l'hiver, leur conduite d'eau est percée (comment font-ils pour se laver les malheureux ?) et plusieurs carreaux manquants ont dû leur causer bien du souci durant l'hiver dernier.

Enfin voilà, ce serait gentil à vous si, d'aventure, vous pouviez les reloger plus confortablement. Mon épouse et moi-même pouvons, si vous le désirez, nous charger de conserver leurs affaires et leurs nombreuses valises, le temps du déménagement.

Votre bien dévoué

Alphonse Martin-Dupont

Post-scriptum : Il se murmure dans le quartier qu'une grande fête allait être organisée au Vélodrome d'Hiver dans deux ou trois jours. Connaissant votre bon coeur nous nous sommes dit que vous pourriez peut-être (en faisant vite) en faire profiter ces malheureux. Auquel cas nous vous précisons, pour les tickets d'entrée qu'ils sont quatorze, cinq adultes et neuf enfants (ça doit être demi-tarif pour eux) ".

___ Le second courrier est plus bref mais tout aussi sympathique ___

"Paris, le 17 juillet 1942

Monsieur le Commissaire,

Ce petit mot pour vous remercier d'avoir été sensible à notre requête et, surtout, à la détresse de ces "voisins" dont nous ignorons toujours les noms.

Félicitations aux services de la préfecture de Paris qui sont intervenus, à notre grande surprise, le 14, un jour férié. Bravo ! Nous savons également que vous avez pu faire profiter nos "amis" du spectacle organisé hier, 16 juillet, au Vél d'Hiv (comme on dit). Encore bravo. Et merci.

D'autant que les places s'étaient arrachées ! Ils étaient plus de treize mille dont plusieurs milliers d'enfants parait-il ? Nous même n'avons pas pu entrer et sommes restés à la porte avec nombre de nos amis et relations parisiennes. Nous étions, peu ou prou, plusieurs dizaines, voire centaines de milliers de vrais Parisiens à être restés dehors, nous contentant des bruits de la fête et nous réjouissant du bonheur de ceux que vous aviez eu la générosité d'inviter.

Votre toujours dévoué, français parisien et plus que jamais fier de l'être !

Alphonse Martin-Dupont

Post scriptum : Comme vous nous l'avez suggéré, nous avons gardé les affaires de nos chers "voisins".en attendant de les leur rendre. Mais, pour être tout à fait francs, nous avons vite constaté que leurs sacs et valises ne contenaient rien de bien précieux. De vieilles peaux de bêtes mitées, quelques poignées de bijoux en toc et une demi-douzaine de "croûtes" maladroitement peintes, sans doute par les enfants quand ils allaient à l'école. Préférant leur offrir des affaires neuves à leur retour, nous avons choisi de tout jeter. "

LA DERNIERE LIBERTE DE VOMIR

Moi aussi je suis fier que grâce à Ponte-Novu , la Corse ait définitivement rejoint ce grand pays.
Et je suis surtout étonné de voir à quel point le franchouillard de base, désespéré de ne pouvoir plus s'en prendre, sous peine de poursuites, aux "arabes", aux "juifs", aux "noirs" et même désormais aux "pédés" s'est rabattu sur la dernière liberté de vomir : les Corses.

Monsieur le Commissaire, je vous fais une lettre...

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