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Au pignon du jour

Au pignon du jour

------------ Quand ils disent vraiment n'importe quoi ! ------------ Humour, coups de coeur, coups de gueule et mauvais esprit


Jérôme Guedj, François Fillon et quelques autres... ça y est les ânes braient

Publié par Sannicolao sur 19 Décembre 2015, 11:57am

"U roncu di u sumere un ghjungjhe sin'a u celu"
"U roncu di u sumere un ghjungjhe sin'a u celu"

Je viens d'entendre braire un déni de démocratie !

Je viens d'entendre Jérôme Guedj, sous-intellectuel de gauche sur-utilisé par les media, exprimer son indignation après les élections à la CTC (collectivité territoriale de Corse), comme avant-lui François Fillon, sous-Premier Ministre de droite sur-utilisé par... ah ben non tiens (on ne s'en plaindra pas).

Et voilà que tout d'un coup les fondements de la République sont sapés !

Parce que le mot indépendance a été évoqué ("pas durant cette mandature"... dans une hypothèse lointaine).

Parce que la laïcité a été remise en cause quand les Corses ont chanté le Dio vi salve Regina, leur hymne de toujours, abominablement religieux et d'atroce inspiration chrétienne.

Parce que les discours ont été faits en langue corse (et en français au moins pour le leader Gilles Simeoni) et que c'est interdit dans le cadre des institutions de la République. Bref, ils assimilent la langue à la burqua : à la maison si vous voulez, mais pas dans les lieux publics... Les corses apprécieront.

Mais le plus consternant de la part de ces ânes_ parfois il faut bien appeler un chat un...âne_ c'est qu'ils ne comprennent pas que, ce faisant, ils ont mis en route un processus tout simple. Plus ils critiqueront de cette façon, plus ils taperont sur ceux que les Corses ont élu démocratiquement au suffrage universel, plus ces derniers voteront pour eux. Je ne fais pas de comparaison (car ce n'est évidemment pas comparable) mais leurs braiements ont rendu le même service au FN.

Permettez moi de rappeler ce que j'écrivais sur les réseaux sociaux après ces élections :

LA CORSE... MUTATIS MUTANDIS

Après avoir adopté une constitution républicaine près d'un quart de siècle avant la France (en 1755) - qui donnait déjà le droit de vote aux femmes (en France il fallut attendre 1944) - après avoir été le premier département libéré durant la seconde guerre mondiale (automne 1943) et le SEUL dans lequel aucun juif (français ou étranger) n'a été arrêté ou déporté, voici que la Corse - mutatis mutandis - est sans doute encore une fois en train de montrer la voie. Non parce qu'elle a élu des "nationalistes", car leur électorat a été beaucoup plus large, mais parce que ce faisant elle a choisi de NE PAS élire les représentants d'un système depuis longtemps à bout de souffle. Sur le continent l'une des raisons principales de la montée vertigineuse du Front National est justement ce rejet, cette perte de confiance, cette quasi détestation des citoyens (à tort ou à raison) envers le microcosme politique français traditionnel. Les Corses ont trouvé mieux pour s'en défaire. Ils ont choisi un autre chemin. Il sera sans doute escarpé, étroit et difficile, mais c'est le leur. Les choses sont ce que les hommes en font.

___________________

Je reviens aux ânes (pas les vrais qui sont de braves et magnifiques bêtes, eux) parce qu'ils viennent _rendons leur cet hommage_ de perfectionner une vieille invention politique française. La bien nommée "machine à perdre". Avant elle supposait que s'il y avait un perdant, il y avait donc un gagnant. Là ils ont crée la machine à perdre sans gagnant. Perdant-perdant. C'est fort ! Le PMU pourrait s'en inspirer...

Reste un dernier constat. Croyez-vous, peuple naïf, aux appels à mettre de côté les anciens clivages droite-gauche, lancés avec des trémolos de reconnaissance par les élus du Nord-Pas-de-Calais et de Provence-alpes-Côte d'Azur, ces deux extrémistes (géographiquement parlant c'est incontestable) ?

Croyez-vous à la génération spontanée de convictions nouvelles ?

Ne voyez-vous pas que ces hommes politiques ont eux-aussi fait le constat de cette "quasi détestation".

Mais, comme ils n'ont rien de bien neuf à proposer, rien qui réponde réellement aux aspirations de la société, ils tentent de s'inventer une nouvelle image, une nouvelle voie comme les Corses ont pu en choisir une (cf ci-dessus). C'est "regardez on n'est plus comme avant !" "regardez maintenant on est tous ensemble. Unis face au danger d'extrême droite, unis pour faire reculer le chômage !" patati patata...

Hélas, à moins d'être bête (ou Bayrou?), on ne peut ignorer que la voie du "tous ensemble" n'est rien d'autre qu'une voix, un braiement.

Et, comme on dit en Corse : "U roncu di u sumere un ghjungjhe sin'a u celu"

(le braiement de l'âne ne parvient pas jusqu'au ciel).

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